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La gauche et le parti de l’étranger

Stanislas Berton était invité au Japon entre le 15 juillet 2023 et le 28 juillet 2023 pour participer à un colloque sur la contre-révolution, l’initiative de Vexilla Galliae. À son retour, il a été interrogé sur la chaîne Géopolitique profonde. À partir de la minute 23’06 : « un des marqueurs de la différence psychologique entre l’esprit de gauche et l’esprit de droite est que les gens de gauche ont tendance à valoriser ce qui est étranger ou éloigné de leur propre groupe alors que les gens de droite valorisent ou font confiance aux gens qui sont proches d’eux ».

Ce que je vais expliquer ici, c’est que ce qui est établi ici grâce à une étude de psychologie, peut en fait être anticipé par une analyse mathématico-linguistique.

Commençons par le point de vue mathématique, en commentant la figure ci-dessus : la gauche et la droite se répartissent de part et d’autre d’un axe gradué. Le point G d’abscisse -1 et à gauche de l’origine du repère ; le point D d’abscisse 1 est à droite de l’origine du repère. Muni de la multiplication des nombres entiers usuelle, l’ensemble {-1,1} a un structure de groupe commutatif (autrement appelé : abélien), dans laquelle (-1)² = 1.

On obtient un groupe additif isomorphe au précédent en associant à G la classe des entiers impairs et à D la classe des entiers pairs. Dans ce modèle, on 1+1 congru à 0 modulo 2 comme équivalent à l’égalité précédente, additivement, ce qui se lit simplement, qui s’interprète simplement ainsi : la somme de deux entiers impairs est un entier pair.

On peut observer que le mot pair se dit even, alors que le mot impair se dit odd. Le premier signifie « égal » ou « même », ce qui est assez cohérent puisqu’un nombre pair est par définition divisible par 2 donc en deux parties égales. Exemple : 10 = 2 fois 5 = 5 + 5. Le second signifie « étrange », « bizarre », « curieux ». Exemple : 11 = 5 + 6 n’est pas divisible par 2 : il est supérieur à 2 fois 5, mais inférieur à 2 fois 6.

En résumé, d’un point de vue mathématico-linguistique :

– à droite se rassemble les pairs, c’est les « mêmes », c’est-à-dire ceux dont les parties se ressemblent ;

– à gauche se rassemble les impaires, c’est-à-dire les « étranges », c’est-à-dire ceux dont les parties sont dissemblables.

Maintenant, en français, l’une des acceptions du mot « étrange », très vieillie il est vrai, est justement la signification moderne du mot « étranger ». Exemple : une nation étrange est une nation étrangère, dans le sens où ses ressortissants « s’écarte[nt] sensiblement de l’ordre habituel, de l’usage commun » et apparaissent aux autochtones comme « singulier[s], surprenant[s], insolite[s] ».

On pourra alors ici se souvenir de l’article de Stanislas Berton,